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    20 Juli

    LES CONGES PAYES

    L’idée de vacances payées naquit dans les années 1920. En France, il existe des exemples d'initiatives à cette époque. L’expérience initiée au sein du journal « L’information », (quotidien politique économique et financier parisien) le montre : son directeur technique, J.J. Durand, syndiqué de longue date, obtenait de l’administration du journal, dès 1922, l’octroi de vacances payées au personnel, démontrant que la solution était avantageuse pour tout le monde. Léon Blum écrivait alors des articles pour « L’Information » et découvrit cette initiative qui l’intéressa vivement. Ce fut sans doute l'un des germes de cette révolution culturelle que fut la création des congés payés.

    La victoire du Front populaire aux élections législatives du 3 mai 1936 provoqua un élan de revendications chez les travailleurs. Ils lancèrent un mouvement de grève et d'occupation d'usines à travers toute la France, impliquant près de 2 millions de travailleurs. Ces grèves, paralysant tout le pays, entraînèrent l'ouverture de négociations avec le patronat sous la tutelle du nouveau gouvernement. Elles aboutirent tout d'abord aux Accords de Matignon, puis à la création des congés payés.

    Fixés à quinze jours à l'origine, les congés payés minimum obligatoires n'ont cessé de s'allonger par l'action législative : de deux semaines en 1936, ils passent à 3 en 1956, puis à 4 en 1969 et enfin à 5 semaines en 1982

    21 Juni

    le drapeau français

    Emblème national de la Vème République, le drapeau tricolore est né de la réunion, sous la Révolution française, des couleurs du roi (blanc) et de la ville de Paris (bleu et rouge). Aujourd'hui, le drapeau tricolore flotte sur tous les bâtiments publics ; il est déployé dans la plupart des cérémonies officielles, qu'elles soient civiles ou militaires.


    L'histoire

    Aux premiers jours de la Révolution française, les trois couleurs sont d'abord réunies sous la forme d'une cocarde. En juillet 1789, peu avant la prise de la Bastille, une grande agitation règne à Paris. Une milice se constitue ; elle porte un signe distinctif, une cocarde bicolore composée des antiques couleurs de Paris, le bleu et le rouge. Le 17 juillet, Louis XVI se rend à Paris pour reconnaître la nouvelle Garde Nationale. Il arbore la cocarde bleue et rouge à laquelle il semble que Lafayette, commandant de la Garde, ait ajouté le blanc royal.

    Illustration : Le Drapeau français La loi du 27 pluviôse an II (15 février 1794) fait du drapeau tricolore le pavillon national, en précisant, sur les recommandations du peintre David, que le bleu devait être attaché à la hampe.

    Le XIXème siècle voit s'affronter le blanc des royalistes légitimistes et les trois couleurs héritées de la Révolution. Le drapeau blanc est remis à l'honneur sous la Restauration mais Louis-Philippe reprend le drapeau tricolore et le fait surmonter du coq gaulois.

    Lors de la Révolution de 1848, si le drapeau tricolore est adopté par le gouvernement provisoire, c'est le drapeau rouge qui est brandi par le peuple sur les barricades en signe de révolte.

    Sous la IIIème République, un consensus s'établit progressivement autour des trois couleurs. A partir de 1880, la remise des drapeaux aux armées lors de la fête du 14 juillet est un grand moment d'exaltation du sentiment patriotique.

    Si le comte de Chambord, prétendant au trône de France, n'a jamais accepté le drapeau tricolore, les royalistes ont fini par s'y rallier pendant la Première Guerre Mondiale.


    Le drapeau français aujourd'hui

    Illustration : Le Drapeau français - 2 Les constitutions de 1946 et de 1958 (article 2) ont fait du drapeau tricolore l'emblème national de la République.

    Aujourd'hui, le drapeau français est visible sur les bâtiments publics. Il est déployé lors des commémorations nationales et les honneurs lui sont rendus selon un cérémonial très précis. Lorsque le Président de la République s'exprime publiquement, le drapeau français est souvent placé derrière lui. En fonction des circonstances, on trouve aussi le drapeau européen ou le drapeau d'un autre pays. |


    11 Mai

    Aqueduc d'ansignan

    010Ansignan_HD09Rando2005_0731AKansignanpo3Lors de leur passage dans le Roussillon, et plus particulièrement dans le Fenouillèdes, les romains ont énormément construit d'édifices divers. Il faut dire que cette occupation a duré plus de quatre siècles (de -122 à 408), ce qui était suffissant pour avoir même des styles d'édification différents en fonction des périodes. Mais la plupart de ces bâtiments sont à présents détruits, dû la plupart du temps aux ravages du temps. Reste un édifices emblématiques, le pont-aqueduc d'Ansignan, connu dans le monde entier pour son exceptionnel état de conservation et sa curieuse architecture.

    Il s'agit essentiellement d'un aqueduc servant à alimenter le village d'Ansignan, également d'origine romaine, en passant par dessus l'Agly. Il est constitué d'une série d'arches de taille croissante en s'approchant de la rive. Une grande arche enjambe la rivière. L'aqueduc est creux dans sa partie la plus haute. On accède au tunnel ainsi créé par les arches les plus proches de la rive. Le sol est praticable pour les animaux, hommes et femmes et même les petits chariots. Il est en dos d'âne pour suivre la courbure de l'arche principale enjambant la rivière.

    L'ensemble fait 170m de long. Au plus haut, il est à 15m au dessus du niveau de l'eau. Il fut construit au IIIe siècle, soit relativement tardivement pour les romains.

    Position du pont par rapport au village d'Ansignan :

    02 Mai

    LE CALENDRIER REPUBLICAIN

    calendrier_republicain400calendrier-republicainCalendrier-republicain-debucourt2
    En-tête : La Liberté au bonnet d'Augustin Dupré (An IV / 1795-1796) Le calendrier républicain fut officiellement adopté le 24 octobre 1793, soit plus d'un an après l'avènement de la Première République (il n'y a donc pas d'An I !), après un long débat entre les mathématiciens Romme et Monge, les poètes Chénier et Fabre d'Eglantine et le peintre David. Le calendrier républicain est l'une des grandes réformes entreprises par la Convention nationale qui, tout comme le système métrique, visait à réformer la société jusque dans ses références au temps et à l'espace. Contre la superstition et le fanatisme, le dimanche, les saints, les fêtes chrétiennes étaient abolis au nom de la Raison, la science, la nature, la poésie, l'idéologie et l'utopie. 

    L'oeuvre des mathématiciens : création d'un découpage égal des mois (12 mois, 30 jours), un système décimal des décades et des heures. L'année débute le jour de l'équinoxe d'automne. 

    L'oeuvre des poètes : on donne aux jours des noms de plantes, d'animaux domestiques et d'outils. Les mois riment trois par trois, selon la "sonorité" des saisons. 

    A noter que l'année commence au jour anniversaire de l'abolition de la royauté et qu'elle se termine par la fête des "sans-culottides" (jours complémentaires). 

    On ne doit pas confondre les datations du calendrier républicain avec la mention, courante, "n..ème année de la Liberté", qui prend pour référence 1789. Dans les premières semaines d'utilisation du calendrier républicain, il est fréquent que les officiers de l'état-civil ne mentionnent pas le nom du mois, mais comptent par jours de "décade". La diffusion de ce calendrier, promu par la participation de grands artistes, se heurta cependant aux problèmes de la réduction des jours de repos qu'il impliquait ainsi qu'au rythme ancestral des foires et marchés agricoles.

    08 November

    MARIE JOSEPH PAUL DU MOTIER [MARQUIS DE LAFAYETTE]

    Militaire (Francais) Né le 06 septembre 1757 Décédé le 20 mai 1834 (à l'âge de 76 ans) Né au château de Chavaniac, en Auvergne, Marie-Joseph Paul du Motier est issu d'une famille noble. Son père meurt à Minden (Allemagne) en 1759, et sa mère, ainsi que son grand-père, décèdent en 1770. À l'âge de 13 ans, il se retouve orphelin et fortuné. À 16 ans, il se marie avec Marie Adrienne Francoise de Noailles († 1807), fille du duc d'Ayen et petite-fille du duc de Noailles, une des familles les plus influentes du royaume. La Fayette choisit alors de suivre une carrière militaire comme son père. Il entre à la maison militaire du roi en 1772. Le jeune capitaine des dragons a 19 ans lorsque les colonies anglaises d'Amérique déclarent leur indépendance. Déjà sensibilisé à cette cause par son amitié pour Benjamin Franklin, à l'annonce de cette nouvelle, son cœur s'enflamme. En avril 1777, bravant l'interdiction du roi, il s'embarque pour l'Amérique. Après un voyage de deux mois, il accoste à Philadelphie, siège du gouvernement des colonies. Il offre ses services au Congrès en déclarant : C'est à l'heure du danger que je souhaite partager votre fortune. Il est incorporé non sans difficulté dans l'armée des États-Unis avec le grade de major général. Son rôle militaire est interrompu par une période de 6 mois où George Washington le missionne pour convaincre le roi de France d'envoyer un véritable corps expéditionnaire.
    01 Oktober

    LA GRANDE MURAILLE DE CHINE

    Impossible de se rendre à Pékin sans aller voir la Grande Muraille. " Si vous ne l ' avez pas vue, vous n ' avez pas vue la Chine. Un vieux proverbe va encore plus loin en assurant que l ' on n ' est point homme tant que l ' on n ' a pas atteint la Grande Muraille, ni héros tant que l ' on n ' a pas foulé son chemin de ronde! La muraille actuelle date, pour l ' essentiel, du XVème siècle , mais son origine remonte au moins au VIIème siècle av.J.-C. Le grand mur fut ainsi édifié en une dizaine d ' années par une armée de 300 000 soldats commandée par le Général Meng Tian auxquels s ' ajoutaient quelque 500 000 forçats et paysans réquisitionnés dans toutes les provinces de l ' Empire. Dès leur avènement, les Ming s ' empressèrent de construire une nouvelle muraille plus au sud, pour prévenir tout retour des Mongols. Les travaux, qui commencèrent en 1368, allaient durer plus de deux cents ans. Au XVII ème siècle , la muraille s étendait sur près de 6400 km d 'est en ouest, du fleuve Yalu à Jiayuguan dans le désert de Godi. D ' une hauteur moyenne de 8m, pour une largeur de 7m à sa base et de 5.50m à son sommet, cet ouvrage colossal était percé de centaines de portes et de passes, et ponctué de milliers de tours de guet et de bastions.
    27 September

    HISTOIRE DU FRENCH CANCAN

    Il existerait des bas-reliefs égyptiens qui représentent presque exactement les mouvements exécutés de nos jours par les danseuses (et nous ne disons pas danseurs) de French Cancan. - Fait véridique ou pas, ce que l'on peut affirmer, c'est que le French Cancan n'était pas nécessairement French à l'origine. - Des descriptions d'une danse analogue, britannique, datant du XVIe siècle sont parvenues jusqu'à nous : on y retrouve à peu près tous les éléments du classique French Cancan contemporain : les dames dansent seules, exécutent divers mouvements, soulèvent leurs robes, lèvent une jambe en l'air et finissent leur prestation en faisant le grand écart. - Cette danse ne portait pas un nom particulier ; ses danseurs, oui : on les appelait les high-kickers. En France, la première mention du mot cancan se trouve dans les descriptions qu'on fait d'une danse inventée (sans doute plus justement : répandue) par un personnage nommé Chicard qu'on ne reconnaît plus aujourd'hui que sous les traits d'un dessin ou d'une caricature de Sulpice Guillaume Chevalier dit Paul Gavarni (1804-1866) à qui l'on doit sans doute les plus beaux titis, débardeurs, étudiants et les plus belles lorettes et autres personnages parisiens de la première moitié du XIXe siècle. Chicard par Gavarni Ce Chicard était une sorte de clown, de danseur, de meneur de spectacle et c'est vers 1830 qu'il aurait mis à la mode une danse en forme de quadrille où les danseurs, à tour de rôle, auraient exécuté des figures plus ou moins excentriques. - Cette danse fut populaire jusqu'au début des années quarante (1840), puis ne fut utilisée, par la suite, que dans des spectacles. - Vers 1845, une certaine Céleste de Mogador introduisit une variante de cette danse, sous le nom de Cancan Excentrique d'abord au Bal Mabille, puis au Bal Montesquieu, au Bal de la Cité d'Antin et au Bal Valentino. - Ce n'aurait été, à l'époque qu'une danse bien modeste : une sorte de quadrille exécuté par des couples à partir de figures basées sur des polkas, des valses ou des marches. Guère apprécié par la censure, le cancan, au cours du Deuxième Empire, n'aurait été dansé que dans les établissements de quatrième ordre où il serait vite devenu synonyme de danse suggestive et encanaillée (Leblond), outil de travail des prostituées et de leurs souteneurs qui s'en seraient servi pour attirer une certaine clientèle. - Hé quoi : danser (tout d'abord), se tenir les doigts (scandale) et puis risquer de voir un mollet, un bout de jambe ou même des cuisses (de quoi fermer tous les établissements du genre) ! En 1880, on retrouve le cancan un peu partout. - Ses caractéristiques, déjà fort répandues dans les pays dits civilisés (aux USA, notamment), sont fixées : C'est une danse réservée uniquement aux femmes C'est une danse au cours de laquelle elles doivent nécessairement lever la jambe (et montrer leurs dessous) Et puis c'est une danse où, à la fin, elles doivent faire le grand écart (non sans avoir, en levant la jambe précitée, au moins jeté par terre un des chapeaux haut de forme d'un des spectateurs présents dans la salle). Et c'est là que le cancan d'un certain cabaret-music-hall-café-débit-de-boissons entre en scène. Ce cabaret s'appelle l'Élysée-Montmartre et, en 1889, il est connu pour ses danseuses exceptionnelles de... cancan. - Il est aussi connu pour les individus louches qui le fréquentent, la saleté de son plancher (qui fait qu'après quelques grands écarts, les dessous de ces demoiselles, n'avaient plus la blancheur espérée), les innombrables bagarres qui surviennent à presque tous les soirs. - On y va parce que tout le monde y va et puis qui sait, peut-être en ressortira-t-on une danseuse au bras. Un seul problème mais il est de taille : les lieux sont quelque peu dangereux pour la bonne société et c'est ce moment-là qu'entrèrent en scène Charles Zidler et les frères Oller...
    26 September

    MARGUERITE DE VALOIS

    Marguerite de Valois dite la Reine Margot Marguerite de Valois Née à Saint-Germain-en-Laye en 1553, morte à Paris en 1615, reine de France et de Navarre, Marguerite de Valois est la fille d’Henri II et de Catherine de Médicis. Elle est également la soeur de trois rois de France : François II, Charles IX et Henri III. Sa mère Catherine de Médicis tente de la marier successivement à don Carlos fils de Philippe II d’Espagne, puis au roi Sébastien du Portugal. Finalement elle va la contraindre à épouser son cousin Henri de Navarre futur Henri IV. Après de longues et laborieuses tractations entre Catherine de Médicis et Jeanne III d’Albret, la jeune Marguerite de Valois est mariée le 18 août 1572 au protestant Henri de Navarre. Catherine de Médicis, profitant du rassemblement des huguenots à Paris, ordonne le massacre de la Saint-Barthélemy qui aura lieu dans la nuit du 23 au 24 août 1572. Henri de Navarre se sentant trahi pas son épouse se consolera en enchaînant de nombreuses aventures amoureuses. Marguerite de Valois en fait autant de son côté ce qui expliquera la haine qu’elle va attirer sur sa personne. Ce genre de chose n’étant pas toléré de la part d’une femme. Elle a de nombreux amants parmi lesquels Joseph Boniface de La Molle qui sera décapité pour avoir comploté contre Charles IX. Puis successivement Bussy d’Amboise, de Saint-Luc, Champvallon, Aubiac, qui fut mis à mort par Henri III, Vermont, Dat de Saint-Julien, qui fut tué par Vermont. En 1578, Catherine de Médicis, voulant la faire renouer avec son mari, Henri de Navarre la ramène à la cour du Béarnais : chacun y vivra de façon indépendante jusqu’en 1582. Toujours en 1582, après un rapide passage au Louvre, elle repart en Provence où elle échoue dans la création d’un royaume indépendant. 1586,Henri de Navarre la fait enfermer au château d’Usson, en Auvergne, où elle subit une demi-captivité de dix-huit années. A partir de 1594, elle écrit ses Mémoires qui furent publiées en 1658. Ces écrits consistaient en une suite d’anecdotes portant sur les règnes de Charles IX, Henri III et Henri IV. Parallèlement, elle scandalise la population avec des excentricités telles que beuverie, promenades à dos de chameau, fêtes galantes. Entamées en 1592, les négociations ayant pour but de lui faire accepter la dissolution de son mariage avec Henri de Navarre sont conclues en 1599. Elle conserve néanmoins son titre de reine Revenant à Paris en 1605 et se fait construire un hôtel particulier rue de Seine. Elle meurt le 27 mai 1615. On peut dire que cette femme remarquablement intelligente a été certainement très malheureuse
    25 September

    MARGUERITE DE BAVIERE

    Princesse palatine et duchesse de Lorraine, elle vit son père être élu comme empereur d'Allemagne. Epouse de Charles II, elle sut, avec patience, supporter la présence permanente d'une courtisane(*). Elle le lui pardonnait et, par ses propres austérités, réparait les fautes et les débauches de son mari. Dans une période difficile de la vie de l'Eglise, elle sut mettre discrètement son influence au service de tous les plus pauvres et des plus démunis, gagnant ainsi la confiance de son peuple. Elle entra ensuite dans le Tiers Ordre de saint François. "En 1398, Marguerite de Bavière, jeune princesse palatine, épouse Charles II, duc de Lorraine. Rapidement, la jeune duchesse découvre que son mari la trompe. Humiliée, elle se résout à quitter le palais et cherche refuge au château de Sierck. Seule, abandonnée dans un château-fort à vocation militaire, elle éprouve le besoin d’un soutien. La prière? Sa jeunesse insouciante et dorée ne l’a guère préparée à cette démarche de dévotion. Elle se rappelle qu’elle avait rencontré naguère, à la cour, un jeune noble promis à une brillante carrière, mais qui, à l’étonnement de tous, avait préféré revêtir la bure des Chartreux. Il se nomme Adolphe d’Essen alors prieur au Couvent des Chartreux à Trèves ; celui-ci accepte de devenir son directeur spirituel et s’installe au Couvent de Marienfloss. Pour aider la duchesse à surmonter ses épreuves, Adolphe d’Essen lui propose la prière à Marie. Jésus n’a-t-il pas confié ses disciples à sa Mère ? La duchesse se remémorera les évènements de la vie de Jésus auxquels sa Mère, la Vierge Marie, était si intimement associée, pendant que ses lèvres murmureront les Ave." Marienfloss: le berceau du Rosaire (diocèse de Metz)
    22 September

    MARGUERITE DE FLANDRE

    Marguerite III de FlandreMarguerite de Dampierre, 1350-1405, comtesse de Flandre et d'Artois, duchesse de Bourgogne etc. Elle fut deux fois duchesse de Bourgogne par mariage, et suo jure une grande héritière (héritière présumée de Flandre, Nevers, Rethel, Brabant, Limbourg, Artois et Franche-Comté). Elle est l'ancêtre de la 2e lignée de ducs de Bourgogne, par son deuxième mariage. Biographie Fille et héritière de Louis de Male (1330-1384), comte de Flandre (Louis II), comte de Nevers et comte de Rethel (Louis III) (1346-1383), comte de Bourgogne et d'Artois (Louis Ier, 1382-1383), par son mariage avec Marguerite de Brabant (1323-1368), fille cadette du duc Jean III de Brabant. Nièce et héritière de la duchesse Jeanne de Brabant et de Limbourg. En 1368, après la mort de sa mère, elle devient « duchesse de Brabant et de Limbourg ». Petite-fille de Marguerite Ire de Bourgogne (1310-1382), comtesse de Bourgogne et d'Artois (fille cadette du roi de France Philippe V le Long et de la comtesse Jeanne II de Bourgogne et d'Artois), héritière de son petit-neveu Philippe Ier pour les comtés de Bourgogne et d'Artois, et comtesse Louis Ier de Flandre, Rethel et Nevers. En 1357, à l'âge de sept ans, elle épousa en premier mariage Philippe de Rouvres (1346-1361) (onze ans), son cousin au deuxième degré, petit fils et héritier du duc Eudes IV de Bourgogne, seul fils et héritier de la comtesse Jeanne Ire d'Auvergne (1326-1360) et de Boulogne avec Monsieur Philippe de Bourgogne (1323-1346). Philippe de Rouvres était comte de Bourgogne (1347-1361), comte d'Artois (1347-1361), duc de Bourgogne (1349-1361), comte d'Auvergne (1360-1361) et comte de Boulogne (1360-1361). Veuve en 1361, à l'âge de 11 ans, Marguerite devint duchesse héritière de Bourgogne (1361-1369). En 1369, à 19 ans, elle épousa en secondes noces Philippe le Hardi, duc Philippe II de Bourgogne, 1342-1404, de la lignée des Valois, quatrième fils du roi Jean le Bon (1319-1364) et de Jutta de Bohême (Bonne de Luxembourg, 1315-1349). Son père le roi duc de Touraine 1359-1363, duc de Bourgogne (1364-1404), comte de Charolais 1390-1404. Du fait de son mariage, à la mort de Louis de Male en 1384, il hérita des comtés de Bourgogne, Artois, Flandre, Rethel et Nevers. Marguerite fut comtesse de Bourgogne (1384-1405), d'Artois (1384-1405) (Marguerite II), de Flandre, de Nevers, et de Rethel (1384-1405). En 1406, son fils cadet Antoine de Bourgogne hérita des duchés de Brabant et de Limbourg. Pour l'anecdote notons que Marguerite de Dampierre à ce titre, de manière nominale et « consorte », a précédé sa grand-mère Marguerite Ire de Bourgogne au titre de comtesse de Bourgogne et d'Artois. Par son premier mariage (avec Philippe Ier de Rouvres: elle devint comtesse de Bourgogne (1357-1361), comtesse d'Artois (1357-1361), duchesse de Bourgogne (1357-1361), comtesse d'Auvergne (1360-1361) et comtesse de Boulogne (1360-1361), par son second mariage (avec Philippe II le Hardi) : duchesse de Bourgogne (1369-1404). Remarquez que Marguerite, par le jeu des alliances, a été deux fois comtesse de Bourgogne et comtesse d'Artois (d'abord par mariage, puis de son propre chef) et deux fois duchesse de Bourgogne par mariage.
    14 September

    CHATEAU CATTHARE DE LAPRADELLE PUYLAURENS

    Description

     

     

     

     

     

     

    Depuis son piédestal haut de 697 mètres, la forteresse de Lapradelle-Puilaurens verrouillait l'une des portes du Fenouillèdes, à la limite de la Catalogne et du Languedoc. Durant la croisade contre les albigeois elle accueillit de nombreuses personnalités cathares mais ne tomba jamais entre les mains de Simon de Montfort. Guillaume de Peyrepetusse y aurait même séjourné. Il s'agit d'un donjon modifié et agrandi du XIe au XIIIe siècle, entouré par une enceinte crénelée à quatre tours. On atteint la porte principale par une rampe coupée de chicanes pour déboucher dans une sorte de réduit percé de meurtrières obliques convergeant vers l'entrée. La cour est entourée de courtines crénelées où court le chemin de ronde. En retournant vers l'entrée on accède à l'enceinte du donjon ou subsiste les vestiges du donjon carré, la tour dite Dame Blanche et des mâchicoulis aménagés dans la courtine. Du château fortifié par Saint-Louis qui hébergea une garnison on retrouve la trace des magasins et des habitations. Puilaurens est l’image la plus accomplie de ces nids d’aigles, impressionnants par leur puissance défensive et beaux par leur équilibre architectural.

    11 September

    LA GUERRE DES MALOUINES

    Le 15 juin 1982, au terme d'un conflit de quelques semaines, la Grande-Bretagne réoccupait par la force Port - Stanley, capitale d'un archipel perdu de l'Atlantique sud, au large des côtes argentines. Les îles Malouines, appelées Malvinas par les Argentins, Falklands par les Anglais, ne semblaient pas devoir être l'objet d'une telle débauche de moyens, d'énergie, et de vies humaines. Position stratégique d'intérêt limité loin des grandes lignes de force de la guerre froide, économiquement et démographiquement insignifiante, cette terre australe dont l'autonomie sous souveraineté argentine était jusqu'en 1982 presque négociée ne présentait pour les deux pays aucun intérêt vital. Mais l'épreuve de force, initiée brutalement par un gouvernement argentin trop confiant et en quête d'unité nationale, fut acceptée par la fière Albion au-delà de toute attente. Margaret Thatcher, "la dame de Fer", se révéla plus que jamais décidée à montrer que l'Angleterre, à défaut de recouvrir sa primauté internationale passée, ne se laisserait pas humilier par un adversaire de la carrure de l'Argentine. Il y a vingt ans, une fois encore, l'Angleterre entreprit par une magistrale et improbable opération militaire de raviver son vieux credo : "Britannia rules the waves". L' improbable affrontement Comme le suggère la triple dénomination de l'archipel, les querelles de souveraineté sur les Malouines ne sont pas en 1982 une affaire récente. Sous souveraineté britannique, française(1) , argentine puis définitivement britannique en 1833, Buenos - Aires a toujours depuis revendiqué activement les "Islas Malvinas". En 1966 déjà, un commando "péroniste" s'était brièvement emparé de Port Stanley. En 1977, des manouvres navales argentines particulièrement menaçantes avaient provoqué l'envoi sur zone par Londres d'une paire de frégates et d'un sous - marin nucléaire d'attaque. En 1982, les négociations diplomatiques de transfert conditionnel de souveraineté initiées en 1965 par pression de l'ONU traînent toujours. La minuscule population de 1800 âmes, presque entièrement d'origine britannique s'étant démocratiquement prononcée pour un maintien sous tutelle britannique, le Foreign Office, après avoir envisagé un transfert de souveraineté nominale à l'Argentine à condition de la plus large autonomie de l'archipel, rompt brusquement les pourparlers au début de 1982 en ajournant l'établissement d'un nouveau calendrier de négociations. Dès lors, le chef de la junte militaire argentine au pouvoir, le général Leopoldo Galtieri, entreprend de brusquer les choses par une opération d'occupation militaire unilatérale. Une telle prise de risque, défiant tout à la fois la communauté internationale et un des piliers de l'OTAN, ne se conçoit que par la conjonction d'une présence militaire britannique locale symbolique et une confiance absolue de l'Argentine en l'incapacité de Londres à réagir efficacement à plus 12.000 km de la métropole. Dès le 18 mars, le drapeau argentin avait été hissé en Géorgie du Sud, dépendance des Malouines située à 1.200 km, par des commandos déguisés en civil. Le 2 avril à 4 heures 30, une force d'invasion de quelques milliers hommes débarque près de la "capitale" Port - Stanley. Après une résistance réelle mais qui ne peut être que symbolique, les 79 Royal Marines dont dispose le gouverneur Rex Hunt reçoivent l'ordre de se rendre à 9 heures 25. Sans opposition sur mer(2) , la marine argentine, loin d'être une force anecdotique, semble tout à fait en mesure de garantir l'intégrité le ravitaillement de la nouvelle conquête.
    10 September

    LES FOLLES DE MAI

    Depuis maintenant plus de 20 ans, chaque jeudi, à 15h30, se déroule le même défilé sur la Plaza de Mayo, au coeur de la capitale argentine. Les mères de fils et filles disparus sous la dictature militaire, réunies en cortège, “tournent” autour du monument symbole de l’indépendance du pays, face au palais gouvernemental. On les surnomme les “folles de mai”. Leur manifestation se déroule en silence. Elles sont reconnaissables au foulard blanc qu’elles portent sur leur tête et arborent le portrait de leur enfant ou, plus rarement, de leur mari disparu. Buenos Aires, Argentine Les “folles de mai”Défilé devant le palais du gouvernementD’année en année, le défilé hebdomadaire réunit un nombre de plus en plus réduit de mères de disparus, en raison de leur âge avancé. Cette semaine pourtant, le défilé a mobilisé de nombreuses organisations de porteños, les habitants de Buenos Aires, en raison d’une actualité bien particulière. Il y a une dizaine de jours, un vieil homme argentin d’origine albanaise a brusquement disparu. Jorge Julio Lopez a, très récemment, été témoin-clé dans le procès d’un tortionnaire de l’époque de la dictature, jugé coupable de crimes, de torture et de séquestration. La disparition de Jorge Julio Lopez résonne ici de manière particulière tant elle rappelle de mauvais souvenirs. Le gouverneur de la province de Buenos Aires a déclaré qu’il pourrait bien être le “premier disparu de la démocratie”. On peut craindre pour la vie de cet homme, mais aussi pour les futurs procès de dignitaires et de responsables du régime dictatorial : la disparition de Jorge Julio Lopez ressemble à un avertissement adressé à d’autres survivants et victimes de la dictature pour les dissuader de témoigner.La dictature argentine est contemporaine de celle du général Pinochet au Chili puisqu’elle a gouverné le pays de 1976 à 1983, date à laquelle l’Argentine a perdu la guerre des Malouines contre l’Angleterre. La majorité des 30 000 disparus au cours de cette période n’a jamais été retrouvée.
    17 August

    LA REVOLUTION PORTUGAISE ( SUITE)

    Deux mois plus tard ils préparaient un coup d'État contre la dictature du général Caetano. C'était un secret de polichinelle: le commandant de la région militaire d'Evora avait pris note des numéros d'immatriculation des voitures qui avaient amené les participants à la réunion. Mais la police secrète du régime, la Pide, n'avait pas l'habitude d'agir contre ses propres alliés, les militaires, ce deuxième pilier du régime... La dictature s'efface Le l4 mars 1974, les généraux jurent fidélité aux chefs de la dictature. Une révolte militaire devait éclater deux jours plus tard. Elle est annulée, mais le contre-ordre tarde à parvenir à Calda da Rainha, de sorte que des militaires marchent sur Lisbonne, où tout se résout sans grandes émotions. La "révolution des oeillets" triomphe. Le dictateur Caetano? Il était déjà en train de tomber, convaincu de l'inévitabilité d'un coup d'État militaire contre son régime. La police secrète mise à part, la dictature s'effaça donc sans grande résistance. Elle était isolée de la population, sans volonté ni initiative, comme dégoûtée de sa propre répression et du machiavélisme jésuitique de son fondateur, le fasciste Salazar. Cette chute allait plonger la société portugaise, atomisée, dépendante, subordonnée dans une crise pré-révolutionnaire que l'on peut découper en trois grandes périodes. La période des généraux La première période fut celle des généraux. Le général Spinola, qui avait énoncé ses projets dans un livre, "Le Portugal est l'avenir", occupa le pouvoir comme si celui-ci lui était naturellement destiné. Les capitaines se soumirent, fidèles au sens de la discipline et de la hiérarchie. Mais les discussions sur le programme du Mouvement des Forces Année, le MFA, allaient être rapidement dépassées par les événements. Très vite, la mobilisation populaire entame en effet la libération de tous les prisonniers politiques et exige la fin des hostilités dans les colonies et le rapatriement des troupes d'outre-mer. Le projet de Spinola était tout différent. Le général voulait barrer la route à un pouvoir multipolaire dans lequel les rapports de forces se seraient décidés entre la junte, le MF A, les initiatives populaires et celles des partis. Son projet était un projet de continuité organique du régime. il visait seulement, par une ouverture temporaire, à lâcher une partie de la pression sociale et politique. Le discours de Spinola lors de la prise du pouvoir était très clair à ce sujet: le général déclara en effet que "le destin des territoires d'Outre-mer devrait être décidé par tous ceux qui considéraient ces territoires comme les nôtres" et que la présidence allait garantir "la survie de la Nation souveraine comme un tout pluricontinenta1". Mais ce projet d'État fort échoua, faute de légitimité. Spinola se réfugia en Espagne, d'où il lança une campagne terroriste. Aujourd'hui il est maréchal tandis que son compère Mellos est banquier... La période des capitaines Mais n'anticipons pas, la deuxième période fut celle des capitaines. Après l'échec de Spinola, on vit se constituer une étrange pouvoir militaire à géométrie variable. il s'adapta avec souplesse aux accords entre partis, prit des mesures économiques d'urgence, élabora des réponses aux pressions sociales qui se focalisaient autour des occupations de terres par les paysans pauvres et des occupations de fabriques par les ouvriers. il prit même des mesures défensives contre le sabotage économique d'un patronat rétrograde, pour pouvoir résister à la montée impétueuse des revendications et des actions populaires. C'est de cette époque que datent toute une série d'acquis tels que les nationalisations de terres et d'entreprises, que les gouvernement ultérieurs s'acharnèrent à démanteler, sous la houlette de la social-démocratie. La fragilité des structures sociales était le fait dominant dans cette situation sans précédent. Comme le dictateur déchu devait l'expliquer lui-même, dans un livre publié au Brésil où il s'était réfugié: « La bourgeoisie portugaise, habituée à jouir d'un climat de paix durant plus d'un demi-siècle, sous la protection des nombreuses institutions qui lui servaient de tuteur, n'avait pas d'esprit combatif et ne semblait pas agir pour défendre les principes qu'elle disait professer". Les spinolistes financèrent et impulsèrent des partis bourgeois, le PPD (Parti Populaire Démocratique) et le CDS (Centre démocratique et Social), mais ces partis étaient si marginaux et si mal articulés sur le pouvoir politique qu'ils n'avaient guère de capacité de manoeuvre sociale. De l'autre côté, les partis de la gauche institutionnelle ne canalisaient pas non plus les mobilisations et ne contrôlaient pas la dynamique sociale. Cette déshérence permanente des partis conféra une grande autorité au Mouvement des Forces Armées (MFA) qui, auréolé du prestige du coup d'État, put jouer un rôle de premier plan pour tenter de canaliser les multiples pressions sociales en s'y adaptant. Le phénomène MFA Minoritaire au sein de la hiérarchie militaire, sans projet cohérent, le mouvement des capitaines vivait de ses propres illusions. Il ambitionnait de créer "un appareil d'État à base populaire". Son document programmatique détaillait une véritable géographie des pouvoirs populaires, de la base au sommet, à laquelle aucun signataire ne croyait évidemment. Le MF A discuta en profondeur ces thèses, totalement inédites pour des militaires. A telle enseigne que le conflit social finit par éclater au sein de l'armée. La période des soldats Ainsi s'ouvrit la troisième période de la révolution portugaise, celle des soldats. Ce fut la période la plus courte, qui dura l'espace d'un printemps au cours duquel les soldats se manifestèrent tandis que le MF A se dissolvait en diverses fractions. Le Président décréta l'État de siège à Lisbonne. Des centaines de soldats bouclèrent la ville, des centaines d'ordres furent donnés pour tenter de contrôler une armée dans laquelle plus personne ne savait quoi faire. Mais la bataille pour un changement social en profondeur était déjà perdue, et la stabilisation du Portugal capitaliste sous un régime "démocratique" était déjà en bonne voie. La chance a été manquée par manque de capacité de mobiliser un front uni des travailleurs, et aussi parce qu'il aurait été nécessaire de développer et d'approfondir un processus de mobilisation populaire condensant les expériences concrètes de démocratie directe, de participation et d'action immédiate des habitants des quartiers et des organisations de travailleurs. Le 25 novembre 1975 marque le point final de la montée pré-révolutionnaire et la victoire de la contre-révolution "démocratique". La question centrale de la période ouverte par le 25 avril 1974 fut la désynchronisation entre les rythmes de développement de la crise des appareils d'État et de la mobilisation/organisation des classes sociales. Cette distance a marqué tous les conflits, mais elle a aussi donné une légitimité au conflit: la fragilité des appareils de répression et la contradiction entre les organes de décision, décentralisés du fait des luttes de tendance au sein du MFA, a ouvert tout un champ d'action aux mouvements populaires et, dans certains cas, a stimulé les initiatives. Mais elle a aussi aggravé les illusions sur l'appareil d'État, notamment sur certains secteurs des forces années. Leçons stratégiques Le problème que cette réalité nous pose aujourd'hui est de comprendre que l'augmentation de la marge d'autonomie réelle de l'État face à la société dans une situation de confrontation généralisée peut être un instrument efficace pour l'absorption des conflits. De la sorte, l'expérience portugaise s'inscrit en faux contre les théories de la gauche réformiste institutionnelle, qui voit l'occupation de parties de l'appareil d'État comme stratégie de la transformation sociale. Elle s'inscrit en faux aussi contre des théories plus sophistiquées, prétendant que l'État, au sens marxiste et léniniste du terme, c'est-à-dire en tant qu'instrument de coercition au service de la dictature plus ou moins ouverte du capital, n'existait plus pendant la révolution portugaise. L'État portugais n'était certes plus capable de jouer son rôle de coercition et de répression, mais il gardait son hégémonie sur la société, et cette hégémonie faisait barrage à une organisation populaire alternative. Cet État délabré, divisé, n'en montra pas moins sa capacité d'initiative, de résorption des conflits, d'absorption des fractures sociales. Le 25 novembre 1975, qui marque la fin de la période pré-révolutionnaire dans le pays et la victoire de la "contre-révolution démocratique", est la démonstration chimiquement pure du pouvoir propre de la superstructure étatique, et de son rôle décisif dans le maintien du système capitaliste. Les crises révolutionnaires ne durent pas éternellement. Tant que la classe dominante garde son appareil d'État, et si délabré que soit celui-ci, elle garde en même temps la possibilité de rasseoir son pouvoir dès que la mobilisation de la classe ouvrière s'essouffle. Du coup, elle garde aussi la possibilité de récupérer tous les acquis qu'elle a dû concéder aux masses pour éviter l'irréparable. C'est ce que la classe dominante portugaise s'est employée à faire à partir de l'automne 1975, jusqu'au jour d'aujourd'hui. Sous la houlette de la social-démocratie d'abord, en se passant des services de celle-ci ensuite.
    13 August

    LA REVOLUTION DES OEILLETS [ PORTUGAL ]

    25 avril 1974 La Révolution des oeillets «Grândola, vila morena, Terra da Fraternidade, O povo é quem mais ordena Dentro de ti, ó cidade... » (extrait) «Grândola, ville brune, Pays de Fraternité, C'est le peuple qui commande Ici, oh cité» Le 25 Avril 1974, au Portugal, la station catholique Rádio Renascença (Radio Renaissance) diffuse cette chanson de José Afonso. C'est le signal de départ de la Révolution dite «des Oeillets» par laquelle de jeunes capitaines de l'armée portugaise entraînent la chute du régime salazariste, vieux de 48 ans. Après quelques mois de turbulences, le pays va pouvoir reprendre sa place parmi les démocraties européennes, délaissée un demi-siècle plus tôt. Cristina LasselinNaissance de l'Estado Novo La République, instaurée à Lisbonne par la révolution des 4 et 5 octobre 1910, a fait brutalement sombrer le Portugal dans un régime ultra-laïc et violemment anticlérical, qui plus est instable et impuissant à moderniser le pays. Le 28 mai 1926, le général Gomes de Costa commet un énième coup d'État, mettant fin au régime parlementaire et instaurant une dictature militaire. Celle-ci se consolide avec l'arrivée en 1928 d'Antonio de Oliveira Salazar, un professeur d'économie politique de 39 ans, au poste de ministre des Finances. En exigeant que son ministère puisse seul autoriser les dépenses, Salazar redresse rapidement la balance des paiements en déficit depuis plus d'un siècle. Cette performance lui vaut d'être nommé président du Conseil en 1932, charge qu'il occupera jusqu'à sa maladie, en 1968 (il mourra deux ans plus tard). On appelle cette période de l'Histoire portugaise «Estado Novo» (Nouvel État). Ses principes, apparentés au fascisme mussolinien, résident dans le rejet de la souveraineté populaire, une forte autorité de l'État au service de la nation, le corporatisme (collaboration des salariés et des patrons sous l'égide de l'État), le refus de la lutte de classes, du socialisme et du parlementarisme. On vote malgré tout mais de curieuse manière... Les partis d'opposition sont illicites et seuls les candidats officiels bénéficient de facilités pour leur campagne électorale. Le droit de vote est accessible à tous les hommes de plus de 21 ans sous réserve qu'ils sachent lire et écrire (sauf à payer une taxe de 100 escudos !), et aux seules femmes ayant une licence ou une maîtrise. Les fonctionnaires sont seuls obligés de voter, par devoir civique. Ces conditions excluent des urnes une bonne partie de la population et en particulier la plupart des habitants des colonies ou «provinces d'outre-mer». La PIDE (Police d'Intervention et de Défense de l'État) emprisonne, torture et tue nombre d'opposants. D'autres, comme Mario Soares ou Álvaro Cunhal, sont contraints à l'exil. À la fin des années 1950, le Portugal figure à la traîne de l'Europe occidentale pour le développement économique en raison d'une gestion excessivement prudente des dépenses publiques par le docteur Salazar. Le pays se voit contester sa souveraineté sur les derniers vestiges de son empire colonial, en Afrique et en Asie. Aux Indes, ses possessions de Goa, Damão et Diu sont annexées de force par l'Union indienne. En Angola, vaste colonie d'Afrique australe, les indigènes entament dès 1961 un combat pour l'indépendance. De plus en plus de soldats portugais sont envoyés outre-mer, en Angola, en Guinée et au Mozambique. Pour le Portugal, à peine peuplé de 9 millions d'habitants, le «maintien de l'ordre» en Afrique devient une charge de plus en plus pesante. Jusqu'à 35% du budget national. 800.000 hommes y participent dans les années 1960 et 8.000 y trouvent la mort. Beaucoup de jeunes hommes émigrent clandestinement en vue d'échapper aux quatre années de service militaire et d'obtenir à l'étranger, en France surtout, de meilleures conditions de vie. Marcelo Caetano succède à Salazar à la présidence du Conseil en 1968. Il ébauche une ouverture politique. Mais l'opposition parlementaire manque de consistance. C'est finalement de l'armée que viendra la révolte contre le statu quo et la guerre outre-mer. Celle-ci, en 13 ans, a vidé les coffres de l'État et l'on n'en voit pas l'issue. Coup d'État militaireLe coup d'État du 25 avril 1974 est l'oeuvre de jeunes capitaines comme Otelo Saraiva de Carvalho ou Ramalho Eanes. Les généraux António de Spínola et Costa Gomes lui apportent après coup leur concours. Il réussit grâce à l'effet surprise des capitaines du MFA (Mouvement des Forces Armées) qui ont immédiatement pris possession des moyens de communication et obtenu le soutien actif de la population. Contrairement à la PIDE, qui a ouvert le feu sur la population (4 morts et 45 blessés), le MFA n'a pas tiré un seul coup de fusil. Au bout des canons et au bout des fusils, un oeillet rouge ! On raconte qu'une vendeuse de fleurs du Rossio, à Lisbonne, avait offert aux soldats qui passaient les fleurs de saison qu'elle avait à vendre: des oeillets rouges! Le lendemain, le journal parisien Le Monde sortait en première page : «La Révolution des Oeillets triomphe au Portugal !» Démocratie en constructionPendant lesmois qui suivent, Lisbonne bouillonne d'effervescence révolutionnaire. On refait le monde dans les bars de la capitale. On multiplie les occupations d'usine. On proclame des quartiers autogérés,... Le reste du pays, quant à lui, se tient dans l'expectative, peu ou prou indifférent à tout ce bruissement. Un gouvernement provisoire se meten place le 15 mai avec à sa tête le général Spinola, président de la République. Ilrétablit les libertés et nationalise les secteurs-clé de l'économie. Le leader socialiste Mario Soares, ministre des Affaires étrangères, ouvre immédiatementdes négociations avec les mouvements indépendantistes des colonies. C'est dans la précipitation que celles-cideviennent des États souverains : Guinée-Bissau en 1974, Angola, Mozambique, Cap Vert et Saint Thomas et Prince en 1975. Macao est un peu plus tard rendu à la Chine populaire. Timor-Est, sitôt évacué par les Portugais, est envahi par les Indonésiens. NormalisationLe Conseil de la Révolution du MFA, dominé par une majorité d'extrême-gauche, est dissous par un mouvement militaire le 25 novembre 1975 ; néanmoins,les libertés retrouvées restent acquises. Une nouvelle Constitution, d'orientation socialiste modérée, voit le jour en 1976. Mais la situation politique, économique et sociale ne se normalisera vraiment qu'avec l'entrée du Portugal dans l'Union européenne en 1986.
    09 August

    LOUIS IX [DIT ST LOUIS ]

    Louis IX, dit Saint Louis. - Roi de France né le 25 avril 1214, à Poissy (selon l'opinion actuelle de la plupart des historiens, mais on a aussi affirmé qu'il était né dans l'Oise, à La Neuville-en-Hez), et mort à Tunis le 25 août 1270 (Moyen âge, Capétiens). Il fut baptisé à Poissy et signa parfois du nom de Louis de Poissy les lettres qu'il écrivait à ses familiers. Fils de Louis VIII et de Blanche de Castille, il avait été élevé sévèrement par sa mère, qui prétendit un jour qu'elle aurait mieux aimé le voir mourir que commettre un seul péché mortel, et il montra dès l'enfance un caractère sérieux; l'instruction qu'il reçut fut solide. Comme il était mineur à la mort de Louis VIII (1226), la régence appartint à la reine mère pendant environ dix ans. Blanche commença par faire sacrer le jeune prince à Reims le 29 novembre, en présence des comtes de Dreux, de Blois et de Bar. Appuyée sur le légat du saint-siège et sur le comte Thibaut IV de Champagne, qu'elle détacha du parti de ses adversaires, elle put résister à la coalition formée par le comte de Bretagne, Pierre Mauclerc, qui soutenait un prétendant à la régence et peut-être au trône, Philippe Hurepel, bâtard de Philippe-Auguste, et voulait l'indépendance des seigneurs. Les comtes de la Marche et de Bretagne consentirent à un arrangement avec la reine à Vendôme en mars 1227, à des conditions avantageuses à la fois pour eux et pour le gouvernement royal. A la fin de la même année, elle déjoua le complot qui avait pour objet de s'emparer de la personne du jeune roi et s'enfuit d'Orléans à Montlhéry. Les gens de Paris sortirent en armes pour protéger et ramener triomphalement dans la capitale le roi et la régente. Une nouvelle ligue se forma dans le but de briser l'épée de la régence en mettant la main sur Thibaut; grâce aux chevaliers de celui-ci, la rébellion de Hurepel fut écrasée dans le château fort de Bellème. Mais, en juillet 1229, la Champagne fut envahie par le comte de Boulogne, le duc de Bourgogne et la majorité des barons du Nord et ravagée; Pierre Mauclerc s'alliait ensuite au roi d'Angleterre qui débarquait (mars 1230). Cependant la campagne n'avançant pas, les seigneurs préférèrent traiter et finalement, par la médiation du pape, une trêve de trois ans fut conclue le Saint-Aubin-du-Cormier (4 juillet 1231); trois ans plus tard, Thibaut en venait à vendre à la couronne l'hommage des comtés de Blois, de Sancerre et de Chartres et de la vicomté de Châteaudun. Le traité du 12 avril 1229, préparé par les conférences de Meaux, mit fin d'autre part à la guerre des Albigeois, à des conditions très avantageuses cette fois pour la couronne; le roi acquérait les sénéchaussées de Beaucaire et de Carcassonne, laissant au comte de Toulouse le reste de ses États, mais il était stipulé que la fille du comte épouserait Alphonse de Poitiers, fils de Louis VIII. Blanche eut également à vaincre la turbulence de l'Université de Paris, dont les maîtres durent se disperser à la suite de difficultés amenées par une rixe que les écoliers avaient provoquée, et dut lutter contre l'indépendance orgueilleuse des évêques. La régence ne se termina pas sans que Pierre Mauclerc, qui avait repris les armes, fût définitivement vaincu (1234); en 1236, Thibaut, enorgueilli par son nouveau titre de roi de Navarre, , fut à son tour humilié; ayant voulu reconstituer à son profit la ligue des barons, il fut contraint de venir implorer son pardon à Vincennes.
    31 Juli

    ROBESPIERRE

    Maximilien de Robespierre Né à Arras en1758, décédé à Paris le 28 juillet 1794, Robespierre est issu d’une famille de la petite bourgeoisie. Jeune homme pauvre et doué, il poursuit des études qui le mènent au métier d’avocat. Il est élu député du Tiers Etat aux Etats Généraux après avoir fait une campagne publique. Représentant de l’extrême gauche démocratique à l’occasion d’une loi électorale censitaire [1] contre laquelle il est l’un des seuls députés de la Constituante à s’élever. Au début de 1791, au club des Jacobins [2], Robespierre est aussi l’un des premiers à se déclarer favorable au suffrage universel. Adversaire de la déclaration de guerre en 1792, il s’oppose aux Girondins [3] et passe au premier rang de la scène politique avec la chute du roi, le 10 août 1792. Elu député à la Convention, il réclame la déchéance de Louis XVI et devient l’un des chefs de file des Montagnards [4]. Appuyé par les sans-culottes parisiens, il est alors l’un des principaux artisans de la chute des Girondins (juin 1793). Robespierre institue une religion civique, qui combat l’athéisme, reconnaît l’immortalité de l’âme et enseigne aux Français la haine de la tyrannie et l’amour de la justice. Il est le héros de la fête de l’Être Suprême qui se déroule partout en France le 8 juin 1794. Il est aussi à l’origine de la loi du 22 prairial an II (10 juin 1794) qui instaure la Grande Terreur, ôtant aux accusés toute possibilité de défense ou de recours. La mise en accusation Malgré les victoires révolutionnaires (Fleurus le 26 juin 1794), la situation politique de Robespierre se dégrade très vite. Le Comité de sûreté générale engage la lutte avec le Comité de salut public. Il y est contesté par Billaud-Varenne et Collot d’Herbois. Ses adversaires nouent un complot avec le centre de l’Assemblée. Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794) Robespierre est empêché de s’exprimer à la Convention, il est invectivé de toutes parts, il a la gorge serrée, Garnier de l’Aube lui jette " Le sang de Danton t’étouffe ! ". Puis soudain un certain Louchet, tout juste connu s’écrie " Je demande le décret d’accusation contre Robespierre ! " Le silence venu d’un seul coup pèse sur l’Assemblée, quelques députés commencent à applaudir, puis c’est l’ensemble, la proposition est votée à main levée...La cause est entendue. Il est quatre heures de l’après-midi. L’arrestation Les gendarmes arrêtent Robespierre, Saint-Just et Couthon [5]. Le jeune frère de Robespierre et Le Bas se joignent volontairement à eux. Pour aller plus vite encore on porte le paralytique Couthon. Mais la Commune de Paris (souvent plus puissante que la Convention), tenue au courant heure par heure de ce qui se passe à l’Assemblée fait sonner le tocsin, convoque les sections. Les barrières sont fermées, la place de l’Hôtel de Ville se hérisse de piques, l’insurrection n’attend plus qu’un signal que seul Robespierre peut donner. Pendant ce temps, chaque prisonnier est conduit vers la prison qui lui est assignée. Mais le même scénario se reproduit à chaque fois, dès que le nom de Robespierre est prononcé le geolier refuse de laisser entrer les gendarmes et leur prisonnier. La Commune aura très certainement donné des ordres très précis. Robespierre ne croit pas à l’efficacité d’une émeute pour lui redonner le pouvoir. De plus trop respectueux des lois il préfère passer devant un tribunal. Comme il faut bien aller quelque part, Robespierre propose aux gendarmes de le conduire à la police municipale, en un mot lui ouvrir les portes de la liberté. Pendant près de deux heures au Quai des Orfèvres il reste indécis, il ne sait pas quoi faire, il n’aime pas beaucoup les gens de la Commune les trouvant trop "immoraux". Un émissaire de la municipalité vient même lui dire " En te sauvant, tu sauve la liberté ! ". A 9 heures du soir, comme un automate il rejoint l’Hôtel de Ville. Les autres prisonniers libérés par la Commune l’y attendent. Ses doutes le reprennent, Saint-Just le pousse à agir. Faut-il appeler Paris aux armes contre la Convention et sortir ainsi de la légalité ? Mise au courant des événements, l’Assemblée s’affole. Les troupes de la Commune s’approchent parait-il des Tuileries. Hanriot [6] surnommé par les parisiens "la bourrique à Robespierre" marche sur la Convention, puis sans aucune raison apparente hésite et se retire. Les députés reprennent courage, mettent immédiatement les robespierristes hors la loi, ce qui équivaut à la mort sans procès. On charge Barras de mater l’émeute. Il est deux heures du matin, les troupes parisiennes sont lassent d’attendre une décision qui ne vient pas. Quand elles entendent la lecture de l’arrêté de la Convention, elles commencent à avoir une furieuse envie d’aller se coucher. Peu de temps après les rangs sont de plus en plus clairsemés. Barras fait irruption sur la place de l’Hôtel de Ville sans rencontrer beaucoup de résistance, il entre, pénètre dans la pièce où sont réunis Robespierre et ses amis. Des coups de feu éclatent, Le Bas se suicide, Couthon tombe du fauteuil où on l’avait placé, le frère de Robespierre saute par la fenêtre et se brise la cuisse. Maximilien est gravement blessé à la mâchoire. A-t-il voulu se tuer ? Un gendarme a-t-il tiré sur lui ? On ne le saura jamais. Il s’est écroulé, tachant de son sang une feuille de papier où il venait d’apposer les deux premières lettres de son nom. Ce document toujours visible au musée Carnavalet était l’appel à l’insurrection ! Le procès et l’exécution A trois heures de l’après-midi les prisonniers sont extraits de la Conciergerie pour être conduits au Tribunal révolutionnaire. L’accusateur public Fouquier-Tinville va requérir contre ses anciens chefs. Pas d’interrogatoire et pas de défense pour les hors la loi. On va simplement faire constater l’identité des accusés par deux personnes de l’assistance. Quelques heures plus tard tout est fini. L’après-midi du 28 juillet, sous les acclamations de la foule, il est guillotiné place de la Révolution (Place de la Concorde), avec son frère Augustin, Saint-Just, Couthon et dix-sept autres de ses partisans. Les jours suivants, quatre-vingt de ses partisans sont exécutés.